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Conférence de presse du 23 mars 2010
2010/03/23

Le 23 mars 2010, le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Qin Gang a tenu une conférence de presse.

Qin Gang : Mesdames et Messieurs, bonjour! Tout abord, j'ai une nouvelle à vous annoncer. Sur invitation du Ministre des Affaires étrangères Yang Jiechi, le Ministre des Affaires étrangères de la République du Pérou José Antonio Garcia Belaunde effectuera du 25 au 29 mars une visite officielle en Chine.

Maintenant, je suis prêt à répondre à vos questions.

Q : La société Google a déclaré aujourd'hui qu'elle transférerait ses services de recherche chinois vers Hongkong. Est-ce que cela aura des impacts sur l'image de la Chine ?

R : Concernant le retrait par Google de ses services de recherche du marché continental chinois, un responsable du Département d'Internet du Bureau de l'Information du Conseil des Affaires d'Etat a fait aujourd'hui une déclaration à ce sujet. Il s'agit de rien d'autre que d'une action prise par une entreprise.

Q : Comme usager de Google, la redirection automatique de ma recherche sur google.cn vers les serveurs de son site de Hong Kong m'a beaucoup gêné et je n'ai pas pu accéder aux pages concernées en tapant certains mots clé. Est-ce que cela signifie que le gouvernement chinois a commencé à prendre des mesures de sanction ? De plus, je voudrais savoir si vous, Monsieur le porte-parole, utilisez aussi Google. Avez-vous constaté des inconvénients aujourd'hui ?

R : Le gouvernement chinois gère le réseau Internet conformément à la loi, et cette position ne sera pas changée. D'ailleurs, cela est une pratique internationale. Quant à moi, il m'est arrivé d'utiliser Google, mais j'utilise aussi d'autres moteurs de recherche.

Q : L'ancien Premier Ministre du Népal Girija Prasad Koirala est décédé il y a quelques jours. La partie chinoise a-t-elle envoyé un message de condoléances à la partie népalaise ?

R : M. Girija Prasad Koirala est un grand homme d'Etat du Népal. Il a beaucoup contribué à l'amitié sino-népalaise. Avec lui disparaît celui qui était un dirigeant éminent pour le peuple népalais et un ami sincère du peuple chinois. Nous le déplorons profondément.

Le Premier Ministre Wen Jiabao et le Ministre des Affaires étrangères Yang Jiechi ont envoyé des messages respectivement au Premier Ministre népalais Madhav Kumar Nepal et le Vice-Premier Ministre et Ministre des Affaires étrangères Sujata Koirala pour exprimer leurs condoléances affligées pour la disparition de M. Girija Prasad Koirala.

Q: Pourquoi le gouvernement chinois s'obstine-t-il toujours dans la censure d'Internet au lieu de laisser les internautes de consulter librement les résultats de recherche ? Google ne demande que la suppression du filtrage des résultats. Pourquoi n'arrive-t-il toujours pas à obtenir le permis du gouvernement chinois ?

R : En fait, la réponse à votre question est très claire. Le gouvernement chinois encourage et facilite le développement d'Internet. Le réseau chinois est pleinement ouvert et la Chine le gère conformément à la loi. Sur ce point, aucune ambiguïté n'est permise. Et d'ailleurs, cela correspond aux pratiques des différents pays du monde. Ce que nous cherchons à prévenir, c'est la diffusion sur Internet des informations nuisibles à la sécurité nationale et aux intérêts du public. De même que dans les autres pays du monde, les entreprises concernées sont contraintes d'observer la législation locale, les opérateurs Internet, tout comme les autres entreprises chinoises et étrangères exerçant sur le territoire chinois, doivent respecter les lois et règlements chinois.

Q : Je comprends que les entreprises étrangères doivent respecter la loi chinoise dans leurs activités en Chine. Mais, le responsable du Département d'Internet du Bureau de l'Information du Conseil des Affaires d'Etat n'a pas précisé dans sa déclaration si la redirection des requêtes sur www.google.cn vers la page de recherche de Google Hong Kong va à l'encontre de la loi chinoise. Ma deuxième question, le Ministre australien des Ressources, de l'Energie et du Tourisme effectuera prochainement une visite en Chine. Pourriez-vous nous en donner des informations détaillées ? La Chine et l'Australie pourraient-elles signer à cette occasion un accord de coopération énergétique ? Parleront-elles de l'affaire de Rio Tinto ?

R : Ma réponse à votre première question est très simple. Les départements chinois concernés gèrent l'affaire conformément à la loi chinoise tout en tenant compte de la pratique internationale.

Concernant votre deuxième question, à ma connaissance, le Ministre australien des Ressources, de l'Energie et du Tourisme effectuera les 24 et 25 mars une visite en Chine sur invitation de la Commission nationale du Développement et de la Réforme de Chine.

Q : Quelles sont les conséquences de l'affaire Google sur les relations sino-américaines ? Qui représentera la Chine au Sommet sur la sécurité nucléaire qui se tiendra le 12 avril à Washington ?

R : L'affaire Google n'est rien d'autre qu'une action d'entreprise. Je ne vois aucune conséquence qu'elle pourrait entraîner sur les relations sino-américaines, sauf si certains veulent la politiser. Je ne vois non plus d'éventuels impacts qu'elle pourrait avoir sur l'image de la Chine, à moins que certains ne tentent d'en profiter pour créer des histoires. Ce n'est pas l'image de la Chine qui a été atteinte, mais celle de la société Google elle-même.

Nous accordons une haute importance à la question de la sécurité nucléaire et nous avons participé activement aux préparations du Sommet dédié à ce sujet. S'agissant de la question de savoir qui représentera la Chine à ce Sommet, je n'ai pas d'information à vous donner pour l'instant.

Q : Pourquoi la Chine n'a-t-elle pas respecté l'Accord consulaire entre elle et l'Australie et admis des diplomates australiens en Chine aux audiences liées à la violation des secrets commerciaux dans l'affaire Rio Tinto ? Deuxième question, pourriez-vous nous présenter en détail le programme pour la visite en Chine du Président afghan Hamid Karzaï ? Par ailleurs, certains disent que le Conseiller à la sécurité nationale de l'Afghanistan serait arrivé à Beijing à l'avance il y a quelques jours pour discuter des questions concernées avec des officiels chinois. Veuillez le confirmer.

R : En ce qui concerne le procès Rio Tinto, il est actuellement en cours devant l'organe judiciaire chinois, et celui-ci le jugera en toute indépendance. Les départements compétents de Chine gèreront l'affaire selon la loi et les procédures juridiques chinoises et dans le respect de l'Accord consulaire sino-australien, texte qui repose sur la base du respect de la souveraineté nationale et de la souveraineté judiciaire de Chine. Leur façon d'agir, bien conforme à la loi chinoise, n'a pas enfreint ledit accord. La Chine qui est en contact permanent avec l'Australie à ce sujet a tenu celle-ci au courant de l'évolution des choses.

S'agissant de la prochaine visite en Chine du Président afghan Hamid Karzaï, il arrivera à Beijing ce soir. Demain, il s'entretiendra avec le Président Hu Jintao, et après-demain, il rencontrera le Président du Comité permanent de l'APN Wu Bangguo et le Premier Ministre du Conseil des Affaires d'Etat Wen Jiabao. Il prononcera également un discours à l'Université de Beijing. Très attachés aux relations du bon voisinage et de l'amitié sino-afghanes, nous souhaitons voir un Afghanistan pacifique, stable, indépendante et jouissant du développement, des progrès et du bon voisinage. Nous restons attentifs aux différents défis auxquels est confronté l'Afghanistan pour assurer la sécurité et la stabilité et reconstruire la paix. En tant que voisins et amis, nous entendons continuer à participer activement au processus de reconstruction dans ce pays et à lui accorder des aides dans la mesure de nos possibilités.

Durant la visite du Président Karzaï, les deux parties procéderont à des échanges de vues approfondis sur le renforcement des échanges et de la confiance mutuelle dans le domaine politique, l'élargissement de la coopération en matière économique et commerciale, ainsi que les questions internationales et régionales d'intérêt commun, et signeront des accords de coopération économique et commerciale. Toutes les informations concernant cette visite vous serez données le moment venu. Nous sommes convaincus que grâce aux efforts conjugués de part et d'autre, cette visite sera couronnée de succès et permettra de promouvoir encore davantage les relations sino-afghanes.

Pour ce qui est de l'arrivée en Chine du Conseiller à la sécurité nationale de l'Afghanistan, je n'en ai pas entendu parler et je vais m'en renseigner.

Q : Est-ce que le retrait des services de recherche de Google du marché de la partie continentale de Chine affectera ses activités en Chine ?

R : Rester ou partir, c'est à Google d'en décider. S'il reste, il faut qu'il respecte les lois et règlements de Chine. S'il part, il doit également régler d'une manière responsable les questions concernées selon la législation chinoise ainsi que l'usage international.

Q : Depuis le 12 janvier, le retrait de Google du marché de la partie continentale de Chine a focalisé beaucoup d'attention. A en juger par l'évolution de la situation jusqu'ici, est-ce que la Chine se considère comme vainqueur ?

R : Concernant le détail que vous avez évoqué, un responsable du Département d'Internet du Bureau de l'Information du Conseil des Affaires d'Etat y a déjà donné des réponses dans sa déclaration. Je voudrais souligner que la Chine poursuit fermement la stratégie d'ouverture mutuellement bénéfique. Nous sommes favorables à ce que les entreprises étrangères viennent investir et développer leurs affaires en Chine selon la loi, et nous sommes prêts à leur fournir un environnement d'investissement favorable. Le marché chinois est tout à fait ouvert. Mais, il faut respecter la loi chinoise lorsqu'on mène des activités en Chine.

Q : Vous avez dit tout à l'heure que c'est à Google de décider de rester ou de partir. Si le transfert par Google de ses services de recherche à Hong Kong est contraire à la loi chinoise, est-ce que la Chine va fermer le moteur de recherche de Google Hong Kong ? Est-ce que la Chine estime que ce geste de Google a été appuyé par l'administration américaine ?

R : Concernant votre première question, la chose est très simple. Nous demandons à toutes les entreprises étrangères en Chine de se concentrer sur leurs activités et de développer leurs affaires selon la loi. Dans le même temps, nous tenons à gérer Internet en vertu de la loi et à traiter les questions concernées selon notre législation.

Quant à votre deuxième question, mieux vaut la poser aux Etats-Unis. Comme je l'ai déjà souligné, il s'agit d'un cas isolé. Si l'on le politise et l'associe aux relations sino-américaines, même à l'image internationale de la Chine, ce sera rien que d'exagérer la portée de cette affaire.

Q : Selon des reportages, les Etats-Unis ont exprimé leur souhait d'aider le Pakistan à construire des centrales nucléaires. Quels sont les commentaires de la Chine là-dessus ?

R : Nous estimons qu'un pays souverain a le droit d'utiliser pacifiquement l'énergie nucléaire et de mener une coopération internationale dans ce domaine et que cette coopération doit correspondre à ses obligations internationales en matière de non-prolifération nucléaire. Ce que vous avez évoqué vient de la presse. Je suis incapable de le confirmer.

Q : Le Premier Ministre Wen Jiabao a dit hier que la deuxième session du dialogue stratégique et économique sino-américain se tiendrait en mai prochain. Veuillez nous en donner des informations. Qui représentera la Chine à cette réunion ? Est-ce que la politique chinoise en matière d'Internet y sera abordée ?

R : La Chine et les Etats-Unis sont convenus de tenir la deuxième session de leur dialogue stratégique et économique dans la troisième décade du mois de mai à Beijing. Les dates précises sont encore en discussions et les informations concernées seront publiées le moment venu.

Le dialogue stratégique et économique sino-américain constitue une plateforme importante permettant aux deux parties d'échanger leurs points de vue sur les questions majeures et de promouvoir leur coopération dans les domaines structurants. Les deux parties vont bien en profiter pour échanger amplement leurs vues sur les questions de portée stratégique, globale et durable touchant à leurs relations bilatérales.

Les représentants spéciaux de chef d'Etat seront, côté chinois, le Vice-Premier Ministre du Conseil des Affaires d'Etat Wang Qishan et le Conseiller d'Etat Dai Binguo, et côté américain, la Secrétaire d'Etat Hillary Clinton et le Secrétaire au Trésor Timothy Geithner.

Q : Lors de son entretien avec le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, la Secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a annoncé que la position chinoise sur la question de la sanction contre l'Iran était actuellement proche à celle des Etats-Unis. Quelles sont les commentaires de la Chine là-dessus ?

R : Nous suivons de très près l'escalade du dossier nucléaire iranien. Nous avons non seulement eu des échanges à ce sujet avec les Etats-Unis, mais également maintenu d'étroites communications et consultations avec les autres parties concernées dont la Russie. La position chinoise est très claire : il faut défendre le système international de non-prolifération nucléaire et préserver la paix, la sécurité et la stabilité au Moyen-Orient. Dans cet esprit, nous préconisons un règlement adéquat de ce dossier par voie diplomatique à travers le dialogue et les négociations. A l'heure actuelle, les parties concernées doivent multiplier les efforts diplomatiques afin de se réserver plus de temps et de trouver davantage de possibilités pour une solution adéquate, globale et durable. De notre côté, nous allons continuer à rester en concertation et coordination avec la Russie et les autres parties concernées.

Q : Le transfert par Google de ses services de recherche de la partie continentale de Chine à Hong Kong correspond-il à la loi chinoise ?

R : Veuillez relire la déclaration du responsable du Département d'Internet du Bureau de l'Information du Conseil des Affaires d'Etat.

Q : Selon des reportages, les accusés du procès Rio Tinto se sont avoués coupables pour avoir reçu des pots-de-vin. Veuillez nous en donner des informations plus précises.

R : L'affaire Rio Tinto sera jugée par la Chine selon sa loi et sa procédure judiciaire. Quant aux preuves présentées au tribunal et à la question de savoir si les actions des accusés constituent un délit, c'est au tribunal d'en faire le jugement en toute indépendance.

Si vous n'avez pas d'autres questions, la séance est levée. Merci de votre présence. Au revoir.

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