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Conférence de presse du 18 mars 2010
2010/03/18

Le 18 mars 2010, le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Qin Gang a tenu une conférence de presse.

Qin Gang : Mesdames et Messieurs, bonjour. Aujourd’hui, je n’ai pas de nouvelles à vous annoncer et je suis prêt à répondre à vos questions.

Q : Ce matin, dans son allocution prononcée à l’Université Tsinghua, l’Ambassadeur des Etats-Unis en Chine Jon Huntsman a dit que les relations sino-américaines avaient devant elles un « ciel bleu ». Comment la Chine envisage-t-elle ses relations avec les Etats-Unis à l’avenir ?

R : Nous espérons qu’il y a toujours un ciel bleu plein de soleil pour les relations sino-américaines, et nous devons y travailler ensemble pour écarter les nuages sombres et les perturbations. Ce qui importe, c’est que les deux parties doivent attacher du prix à leurs relations bilatérales, appliquer effectivement les principes des trois communiqués conjoints sino-américains et de la déclaration conjointe sino-américaine, respecter et tenir en compte les intérêts centraux et les préoccupations importantes de l’une et de l’autre partie et traiter adéquatement les questions sensibles, et ce afin de ramener les relations sino-américaines sur la voie de développement sain et régulier. Nous espérons que les Etats-Unis pourront traduire le beau souhait de S.E.M. Huntsman pour les relations sino-américaines en actions concrètes.

Q : Le Vice-Président Xi Jinping commencera sa tournée dans quatre pays européens ce week-end. Veuillez nous présenter son programme et les attentes de la Chine de cette visite.

R : Le Vice-Président Xi Jinping effectuera des visites officielles en Russie, au Bélarus, en Finlande et en Suède du 20 au 30 mars. Il s’agit là d’une action diplomatique importante de la Chine dans ces quatre pays.

A l’heure actuelle, les relations bilatérales qu’entretient la Chine avec ces quatre pays se portent bien dans leur ensemble. Le partenariat de coordination stratégique sino-russe progresse sans cesse sur la voie de développement sain et rapide. La confiance politique mutuelle entre la Chine et la Russie se renforce toujours davantage et leur coopération pragmatique dans tous les domaines gagne en profondeur. En 2010, l’ « Année de la langue chinoise » sera organisée en Russie. Nous sommes convaincus que cet événement permettra d’insuffler un nouvel essor aux échanges humains et culturels entre les deux pays et d’accroître la connaissance mutuelle et l’amitié entre les deux peuples. Les relations entre la Chine et les trois autres pays maintiennent également une bonne dynamique.

Durant ses visites, le Vice-Président Xi Jinping aura des entrevues et entretiens avec les dirigeants des quatre pays pour procéder à des échanges de vues approfondis sur le renforcement des échanges politiques, la promotion des relations bilatérales, l’approfondissement de la coopération mutuellement avantageuse dans les domaines, entre autres, économique, commercial, énergétique, financier, culturel, l’intensification des échanges humains, culturels et décentralisés, ainsi que les questions internationales et régionales d’intérêt commun. Lors de sa visite en Russie, le Vice-Président Xi Jinping assistera à la cérémonie d’ouverture de l’ « Année de la langue chinoise » en Russie et à l’inauguration du 2e dialogue sino-russe entre les partis au pouvoir. Nous publierons les informations concernées en temps opportun.

Q : Ces derniers temps, le Congrès américain a poussé l’administration américaine à faire pression sur la Chine à l’égard de sa politique sur le taux de change du RMB. Quels sont vos commentaires là-dessus ? Et quels en seront les conséquences sur les relations sino-américaines ?

R : Concernant le taux de change du RMB, nous en avons exprimé notre position à plusieurs reprises. Je ne vais pas la répéter ici.

Je voudrais souligner les trois poins suivants : Premièrement, le taux de change du RMB n’est pas à l’origine du déséquilibre du commerce sino-américain. Parmi les produits exportés par la Chine aux Etats-Unis, un grand nombre sont les produits que les Etats-Unis ne fabriquent plus. D’autres pays vont vite occuper cette part de marché même si la Chine n’exporte pas ces produits.

Deuxièmement, la Chine ne cherche pas l’excédent commercial. Nous sommes pour un développement équilibré du commerce bilatéral, cela exige des efforts conjugués des deux parties. Nous y avons déployé de gros efforts, et nous espérons voir les Etats-Unis entamer des actions concrètes pour promouvoir le développement équilibré du commerce entre les deux pays, notamment assouplir des restrictions sur l’exportation des produits high-tech en Chine.

Troisièmement, les deux parties doivent faire preuve de sang-froid et de raison vis-à-vis des frictions commerciales entre les deux pays et chercher des solutions mutuellement bénéfiques. C’est injuste et nuisible, d’un côté, qu’un pays dévalorise sa propre devise pour élargir l’exportation, et demande, de l’autre côté, à l’autre pays d’apprécier sa monnaie, et même limiter l’exportation de ce dernier sur son territoire en imposant des barrières commerciales. Cela porterait atteinte non seulement au commerce entre la Chine et les Etats-Unis, mais aussi au commerce international. Notamment à un moment crucial où apparaissent des signes de reprise pour l’économie mondiale, cette façon d’agir donne un mauvais exemple du protectionnisme commercial et défavorise la reprise, le développement stable, équilibré et durable de l’économie mondiale.

Q : Dans son discours ce matin, l’Ambassadeur américain Jon Huntsman a mentionné que le Président Obama avait invité le Président Hu Jintao à effectuer une visite aux Etats-Unis. La Chine est-elle en préparation de cette visite ? Deuxième question, quand aura lieu le dialogue sino-américain sur les droits de l’homme ?

R : Sur votre première question, les parties chinoise et américaine maintiennent leur communication. Je n’ai pas d’information à publier pour le moment.

Quant à votre deuxième question, les deux parties maintiennent des contacts au niveau opérationnel sur leur dialogue en matière de droits de l’homme.

Q : Selon des médias espagnols, certains Espagnols comptent se faire une transplantation d’organe au moment de leur voyage en Chine. Est-ce permis en Chine ? Quelles mesures la Chine a-t-elle prises pour interdire le commerce des organes humains ?

R : La Chine a promulgué et mis en application le Règlement sur la transplantation des organes humains. Les départements sanitaires ont aussi établi des règlements précis sur les questions liées aux demandes de transplantation d’organe déposées par les étrangers. Ce que vous venez de dire est aussi sujet aux règlements chinois concernés. Je voudrais souligner que la législation chinoise interdit strictement le commerce d’organes humains et la pratique des opérations de greffe aux étrangers venus à titre de touristes. En Chine, il est obligatoire d’avoir le consentement par écrit du donneur pour procéder à un don d’organe.

Q : Le Ministère iranien des Affaires étrangères a récemment fait savoir que la visite du Chef de la diplomatie britannique David Miliband en Chine ayant pour but de faire pression sur l’Iran « n’a pas eu un grand effet ». Quel est le commentaire chinois là-dessus ? La Chine a-t-elle eu récemment des contacts et consultations avec l’Iran sur le dossier nucléaire iranien ? Le Ministre Yang Jiechi a aussi indiqué, lors de la conférence de presse conjointe tenue à l’occasion de la visite en Chine de son homologue britannique, que la Chine est « plus préoccupée » par le dossier nucléaire iranien. Pourriez-vous préciser quelles sont les préoccupations chinoises ?

R : Les préoccupations chinoises sur le problème nucléaire iranien se traduisent par deux points : d’un côté, nous sommes préoccupés par les défis auxquels font face l’intégrité et l’autorité du régime international de non-prolifération nucléaire, la préservation dudit régime, et la nouvelle escalade de la situation actuelle ; et de l’autre, par les conséquences qui en découlent et qui pèsent sur la paix et la stabilité dans la région. Eu égard à ces préoccupations, nous sommes pour un règlement adéquat du problème par des moyens diplomatiques tels que le dialogue et les négociations. Ce sera le meilleur choix qui répond aux intérêts de toutes les parties et qui favorise la paix et la stabilité dans la région. La Chine maintient d’étroites contacts avec les parties concernées et intervient activement auprès de chacune des parties pour les exhorter à faire la paix, ce dans le but de rassembler les efforts de tous pour favoriser un règlement pacifique.

Lors de la visite en Chine du Ministre David Miliband, les parties chinoise et britannique ont eu des discussions sur le problème nucléaire iranien. Je trouve ces discussions utiles car elles contribuent à renforcer la compréhension mutuelle entre les deux parties sur ce problème et à pousser les différentes parties à avancer vers un règlement pacifique et adéquat du problème.

Q : Le procès sur l’affaire Rio Tinto s’ouvrira lundi prochain en Chine. Le Premier Ministre australien Kevin Rudd a fait savoir aujourd’hui que l’Australie suivrait de près le processus de jugement. Pourquoi une partie du procès ne sera pas ouverte au public et aux diplomates ? Selon l’Australie et d’autres pays, cette affaire serait déjà « politisée », et le jugement « manquerait de transparence ». Quelle est votre réaction à cet égard ?

R : Les départements chinois compétents traiteront l’affaire Rio Tinto conformément à la législation et aux procédures juridiques chinoises ainsi qu’à l’

. Tout au long du procès, les droits et intérêts légitimes des parties intéressées seront protégés, et la Chine et l’Australie maintiennent leur communication sur l’affaire. En Chine, depuis les temps anciens, on veille à maintenir le silence dans le tribunal considéré comme un lieu solennel. Les bruits sont interdits même avant l’ouverture du procès. Et il ne faut pas déranger les départements compétents dans leur jugement en indépendance et en vertu de la loi.

L’affaire Rio Tinto que vous avez évoquée n’est qu’un cas isolé, elle ne sera ni ne doit être politisée, sinon cela risquera de produire des impacts négatifs sur les relations sino-australiennes. Nous ne la politiserons pas, et ne souhaitons pas voir les autres le faire.

Q : La Première Ministre du Bangladesh Sheikh Hasina est en visite en Chine. Pourriez-vous nous présenter le programme de sa visite et ses rencontres avec les dirigeants chinois ?

R : J’ai déjà répondu à cette question à ma dernière conférence de presse. Cependant je peux vous donner de nouveau une brève présentation. Nous attachons une haute importance à la visite de la Première Ministre Sheikh Hasina en Chine car cette visite, à notre avis, offrira une bonne opportunité pour promouvoir davantage les relations entre nos deux pays. Cet après-midi, la Première Ministre Hasina s’entretiendra avec le Premier Ministre Wen Jiabao. Demain, elle rencontrera respectivement le Président Hu Jintao et le Président du Comité permanent de l’Assemblée populaire nationale Wu Bangguo. Nous espérons que cette visite contribuera à renforcer la confiance politique mutuelle entre les deux pays, à accroître notre coopération mutuellement avantageuse dans tous les domaines et à faire progresser les relations sino-bangladaises de manière continue et régulière.

Q : Aujourd’hui le Ministre Yang Jiechi a eu un entretien avec son homologue de la République de Corée Yu Myung-hwan et échangé avec lui des vues sur le dossier nucléaire coréen et les pourparlers à six. Pourriez-vous nous donner plus de détails sur l’entretien ?

R : Ce matin, le Ministre Yang Jiechi s’est entretenu avec le Ministre des Affaires étrangères de la République de Corée Yu Myung-hwan. Les deux parties ont souligné leur volonté de travailler ensemble pour renforcer les échanges et la coopération dans tous les domaines et faire progresser davantage les relations entre les deux pays. Lors de l’entretien, elles ont aussi échangé des vues sur la question nucléaire de la Péninsule coréenne, les pourparlers à six et les questions internationales et régionales d’intérêt commun.

Q : Le Président afghan Hamid Karzaï effectuera une visite en Chine. Selon des sources, la coopération économique sino-afghane sera au cœur de la visite. Pourriez-vous nous donner des informations précises et les dernières statistiques de l’économie et du commerce entre la Chine et l’Afghanistan ?

R : La Chine attache une grande importance à la visite du Président Hamid Karzaï en Chine. Durant son séjour en Chine, la partie chinoise entend procéder à des échanges de vues avec lui sur le renforcement des relations sino-afghanes et la coopération dans les domaines économique, commercial et autre entre les deux pays. La Chine souhaite voir un Afghanistan de paix, de stabilité, d’indépendance, de développement et de bon voisinage, et entend œuvrer pour contribuer au processus de la reconstruction pacifique en Afghanistan.

Depuis 2002, la Chine a fourni à l’Afghanistan des aides à la reconstruction se chiffrant à 900 millions de yuan RMB. L’année dernière, le gouvernement chinois a annoncé que 75 millions de dollars US seraient alloués à l’Afghanistan dans les cinq ans à venir. Par ailleurs, nous avons aidé l’Afghanistan à former des professionnels spécialisés dans les domaines concernés, souhaitant que cette assistance puisse contribuer au processus de reconstruction pacifique en Afghanistan. Durant la visite en Chine du Président Karzaï, les deux parties discuteront également des moyens et canaux pour élargir leur coopération économique et commerciale.

Q : Selon le gouvernement australien, des agents consulaires australiens se seraient vus refuser de se présenter à la procédure judiciaire sur la violation de secrets commerciaux dans le procès de l’affaire Rio Tinto. J’aimerais savoir pourquoi. L’Australie dit que cela contrevient à l’Accord consulaire sino-australien. Quel est le commentaire chinois là-dessus ?

R : je vous prie de ne pas confondre la souveraineté d’un Etat, en particulier sa souveraineté judiciaire, avec l’Accord consulaire sino-australien. Le respect de la souveraineté de la Chine et de sa souveraineté judiciaire constitue une condition préalable audit accord. Les départements judiciaires chinois statueront sur l’affaire en vertu de la législation chinoise et de la nature de l’affaire. Nous devons respecter les décisions données pas ces départements. Tout au long du procès, la Chine maintient des contacts avec l’Australie conformément à l’Accord consulaire sino-australien, et la partie australienne le sait pertinemment.

Q : Après la visite en Chine du Ministre britannique des Affaires étrangères David Miliband, Londres a tout de suite publié un rapport annuel sur les droits de l’homme dans lequel il a qualifié de « préoccupante » la situation des droits de l’homme en Chine. Selon ce rapport, le gouvernement chinois se serait servi des accusations criminelles pour prohiber les activités des « militants pour les droits de l’homme » alors que la souveraineté d’Etat ne devrait pas servir de motif pour se dérober aux examens des droits de l’homme. Qu’en pensez-vous ?

R : La Chine œuvre à promouvoir et à protéger les droits de l’homme et les libertés fondamentales de ses citoyens. Le peuple chinois multiethnique jouit en vertu de la loi des différents droits fondamentaux conférés par la Constitution. Il jouit des droits civique, politique, économique, social et culturel d’un degré nettement plus élevé. En assurant un développement rapide de son économie, la Chine met l’accent sur l’Etat de droit et œuvre à la construction d’une société équitable, juste et harmonieuse. La cause des droits de l’homme en Chine progresse sans cesse, tel est un fait connu de ceux qui n’ont pas de préjugé.

Il est normal qu’il existe des différences de vues sur la question des droits de l’homme entre les pays aux passés, aux cultures et aux niveaux de développement différents. La Chine se prononce pour le dialogue et la communication entre différents pays sur la base de l’égalité et du respect mutuel pour accroître la connaissance mutuelle et réduire les divergences. Nous sommes contre la pression et la confrontation, contre l’ingérence dans les affaires intérieures des autres pays sous le couvert des droits de l’homme, et contre la pratique de deux poids deux mesures à cet égard. Vous pouvez lire le rapport en question et vous constaterez que sur la liste établie dans le rapport on ne peut trouver que des noms de pays en développement. Pourquoi pas le Royaume-Uni lui-même ? Pourquoi pas ces pays occidentaux où les droits de l’homme sont gravement violés ? Une telle « mise en scène politique » est claire comme le jour.

Si vous n’avez plus de question, la séance est levée. Je vous remercie. Au revoir!

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