
Le 5 janvier 2010, la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Jiang Yu a tenu une conférence de presse.
Jiang Yu : Mesdames et Messieurs, bonne année ! Maintenant je suis prête à répondre à vos questions.
Q : Après son départ du poste actuel, le Vice-Ministre des Affaires étrangères Wu Dawei sera-t-il toujours le représentant de la Chine pour les pourparlers à six? Qui sera l’Ambassadeur de Chine au Japon puisque M. Cui Tiankai est nommé Vice-Ministre des Affaires étrangères ?
R : Je sais que vous prêtez intérêt au changement de postes de responsables du Ministère chinois des Affaires étrangères. Nous publierons les informations concernées au moment opportun après la décision finale. Je vous conseille de suivre de près les informations sur le site officiel du Ministère.
Q : Première question, quelle est la conséquence de l’annulation du contrat sino-australien du gaz naturel sur les relations entre les deux pays ? Deuxième question, selon un article du journal britannique The Guardian, certains économistes sont d’avis que la montée en puissance de la Chine est la cause principale de l’effondrement de l’économie mondiale de 2007 à 2009, et que l’intégration de l’économie chinoise dans l’économie mondiale décidera l’avenir de cette dernière. Quels sont vos commentaires là-dessus ?
R : Votre première question concerne la coopération entre les entreprises des deux pays, je ne connais pas de détails là-dessus. Mais, la Chine et l’Australie étant fort complémentaires sur le plan économique, renforcer la coopération commerciale et d’investissement sur la base du bénéfice mutuel correspond aux intérêts communs des deux parties.
Quant à votre deuxième question, selon un article du journal britannique The Guardian, certains économistes trouvent que la montée en puissance de la Chine est la cause principale de l’effondrement de l’économie mondiale de 2007 à 2009. En fait, l’origine de cette crise financière internationale est très claire. Je ne m’étendrai pas sur ce sujet. Je voudrais cependant rappeler une seule chose, c’est que quand des pays ou régions comme l’Amérique latine, l’Asie de l’Est et la Russie ont connu des crises financières, les économistes occidentaux n’ont eu aucune hésitation pour dire que la cause ne se trouvait qu’en ces pays eux-mêmes. L’actuelle crise financière s’est bel et bien déclenchée dans des pays développés, aux Etats-Unis et en Europe. Mais certains économistes occidentaux en rejettent la responsabilité sur autrui au lieu de rechercher la cause sur eux-mêmes, cette logique me paraît vraiment étrange.
Toujours selon cet article, c’est l’intégration de l’économie chinoise dans l’économie mondiale qui décidera l’avenir de cette dernière. A mon avis, l’économie chinoise profondément intégrée de tous points de vue à l’économie mondiale, a contribué positivement au développement de cette dernière. Quant à l’avenir de l’économie mondiale, il ne dépend pas d’un seul pays, mais des efforts communs de la communauté internationale. En tant qu’un membre responsable de cette dernière, la Chine, tout comme par le passé, renforcera encore davantage la coopération avec les différents pays tout en maintenant un développement rapide et régulier de sa propre économie pour apporter sa part de contribution à un développement durable de l’économie mondiale.
Q : Selon la Secrétaire d’État américaine Hillary Clinton, les Etats-Unis sont en train de discuter de nouvelles sanctions contre l’Iran avec les autres pays. Quelle est la position chinoise à ce sujet ?
R : Nous avons pris note de ce que vous venez de mentionner. La Chine estime que le dialogue et les négociations constituent le bon moyen pour un règlement adéquat de la question du nucléaire iranien et maintenant, il y a toujours de l’espace des efforts diplomatiques. La Chine espère que les différentes parties adopteront des mesures plus souples et plus pragmatiques, multiplieront les efforts diplomatiques en vue d’une reprise rapide des négociations.
Q : Première question, selon un rapport publié hier par un think tank américain, la dégradation des relations sino-américaines sera le plus grand risque politique de 2010. Quel est votre commentaire là-dessus ? Deuxième question, veuillez donner des détails sur le programme du déplacement en Afrique du Ministre des Affaires étrangères Yang Jiechi.
R : La Chine et les États-Unis partagent de larges intérêts communs sur une série de questions importantes touchant à la paix et au développement de l’humanité. Les deux pays devront considérer leurs relations avec une vision stratégique et à long terme, respecter les intérêts vitaux et les préoccupations majeures de part et d’autre, renforcer les dialogues et échanges et traiter adéquatement les divergences.
J’ai noté que selon le rapport publié par ce think tank, les relations sino-américaines feront face à des défis en ce qui concerne les questions liées à Taiwan et au Tibet, et les relations économiques et commerciales. Les questions liées à Taiwan et au Tibet touchent à la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Chine, font partie de ses intérêts vitaux. Nous sommes fermement opposés à la vente d’armes à Taiwan par les Etats-Unis, et nous en avons déjà fait des réprésentations solennelles auprès de la partie américaine tout en l’exhortant à prendre conscience de la gravité de la vente d’armes à Taiwan, à observer scrupuleusement les trois Communiqués conjoints sino-américains, notamment les principes inscrits dans le Communiqué du 17 août 1982, à annuler le projet en la matière et arrêter la vente d’armes à Taiwan pour ne pas compromettre l’intérêt général de la coopération sino-américaine.
S’agissant de la visite du Dalaï-Lama dans des pays étrangers, nous y sommes fermement opposés depuis toujours, et nous nous opposons aux contacts entre les dirigeants étrangers et le Dalaï-Lama de quelque manière que ce soit et sous quelque prétexte que ce soit.
S’agissant des relations économiques et commerciales sino-américaines, nous estimons que les deux parties devront boycotter plus fermement le protectionnisme commercial pour préserver un développement sain des relations économiques et commerciales entre eux.
Concernant le programme de la visite du Ministre Yang Jiechi dans six pays asiatiques et africains et de son passage aux Maldives, le Ministre est parti de Beijing pour les Maldives ce matin, il y rencontrera le Président Mohamed Nasheed cet après-midi et aura un entretien ce soir avec son homologue Ahmed Shaheed. Le Ministre Yang sera au Kenya les 6 et 7 janvier, au Nigéria les 8 et 9, en Sierra Leone les 9 et 10, en Algérie les 10 et 11, au Maroc les 11 et 12 et en Arabie Saoudite les 12 et 13.
Q : Des internautes chinois ont exprimé, sur le net, leur soutien aux démocrates iraniens. Quels sont vos commentaires à cet égard ?
R : Nous souhaitons voir le maintien de la stabilité et de l’unité de la société iranienne.

Q : Après l’exécution d’Akmal Shaikh, le gouvernement chinois a-t-il cherché, ouvertement ou dans les coulisses, à réparer la relation sino-britannique ou sino-européenne ? Des partenaires commerciaux de la Chine ont été inquiétés par l’affaire d’Akmal Shaikh, considérée comme un signal envoyé à l’extérieur pour dire que la Chine est un grand pays à ne pas défier. Comment y réagissez-vous ?
R : Nous avons exposé à maintes reprises notre position sur l’affaire d’Akmal Shaikh. La juridiction chinoise a traité cette affaire en stricte conformité avec la loi. Les droits de l’accusé, le traitement auquel il a droit et ses habitudes ethniques et religieuses ont été pleinement garantis et respectés. Le monde extérieur doit respecter la juridiction chinoise dans l’exercice de ses fonctions conformément à la loi. Personne n’a le droit de commenter à tort et à travers la souveraineté juridique de la Chine.
Concernant la relation sino-britannique, nous avons fait part à maintes reprises de notre position au Royaume-Uni. L’affaire d’Akmal Shaikh est un cas pénal isolé. Les deux pays doivent résoudre convenablement et dans un esprit de respect mutuel leurs divergences sur certaines questions, pour ne pas compromettre les relations bilatérales. La Chine est attachée à la relation sino-britannique dont le développement stable correspond, nous le croyons, aux intérêts des deux pays.
Nous exprimons notre vif mécontentement et notre ferme opposition aux propos irresponsables émis par la présidence suédoise de l’UE à la fin 2009 au sujet de cette affaire. Nous appelons la partie européenne à la circonspection dans ses paroles et ses actions, à respecter effectivement la souveraineté juridique chinoise et à préserver, par des actes concrets, l’élan favorable, difficilement acquis, dans la relation sino-européenne.
Q : Le Viet Nam condamne le projet chinois du développement touristique dans les îles Xisha. Quels sont vos commentaires là-dessus ?
R : Nous en avons pris note. Je tiens à réitérer que la Chine possède la souveraineté indiscutable sur les îles de la Mer de Chine méridionale comprenant les îles Xisha et Nansha.
Q : Chaque année, le premier déplacement officiel à l’étranger du Ministre des Affaires étrangères Yang est réservé à l’Afrique. Depuis quand date cette tradition ? Et pour quelle raison ?
R : Pendant vingt ans consécutifs, le Ministre chinois des Affaires étrangères consacre sa première visite à l’étranger d’une nouvelle année au continent africain. Liée par une amitié traditionnelle à l’Afrique, la Chine accorde une haute importance à ses relations avec ce continent. Travaillant ensemble pour l’établissement d’un nouveau partenariat stratégique caractérisé par l’égalité et le bénéfice mutuel sur le plan politique, la coopération gagnant-gagnant sur le plan économique et les échanges et l’inspiration réciproque sur le plan culturel, la Chine et l’Afrique voient leur confiance mutuelle stratégique se raffermir sans cesse, leur coopération mutuellement bénéfique et pragmatique s’intensifier chaque jour davantage et leur collaboration et leur concertation dans les affaires internationales se renforcer toujours davantage. La 4e Conférence ministérielle du FOCAC, tenue avec succès en Egypte en novembre 2009, leur a permis de planifier de manière globale le développement de la relation sino-africaine dans un contexte nouveau et de définir des orientations à suivre et des domaines de coopération prioritaires. Le gouvernement chinois y a annoncé huit nouvelles mesures sur la coopération avec l’Afrique. Il continuera à travailler de concert avec les pays africains, dans le respect du principe de l’amitié sincère, de l’égalité, du bénéfice mutuel et du développement commun, pour mettre en œuvre les actions de suivi de cette Conférence et promouvoir le nouveau partenariat stratégique sino-africain, de sorte que les peuples chinois et africains en tirent de meilleurs profits.
Q : Selon des sources d’information japonaises, depuis avril 2009, le gouvernement chinois interdit aux citoyens de la RPDC ayant fait défection de sortir. Est-ce que vous le confirmez ? Deuxièmement, la RPDC, dans le message du Nouvel An, a exprimé le souhait de dialoguer avec la République de Corée et les Etats-Unis. Quels sont vos commentaires là-dessus ?
R : Les citoyens de la RPDC ayant pénétré sur le territoire chinois de manière illégale ont enfreint la loi chinoise. Il est naturel que les autorités chinoises en soient saisies pour examiner les dossiers y relatifs conformément à la loi. Les ambassades et les consulats des pays étrangers en Chine ne doivent abriter et mettre ces personnes sous protection.
Sur cette question, le gouvernement chinois a toujours agi dans le cadre de la loi nationale, du droit international et des principes humanitaires. Cette position n’a pas changé.
Quant à une coopération renforcée entre la RPDC et la République de Corée, nous y sommes favorables depuis toujours, estimant que le renforcement de la réconciliation et de la coopération entre le Nord et le Sud de la Péninsule coréenne correspond aux intérêts communs de la population de la Péninsule tout entière et favorise également la paix et la stabilité dans la région. Par ailleurs, nous soutenons les contacts et le dialogue entre les Etats-Unis et la RPDC et l’amélioration des relations entre eux. Nous espérons que toutes les parties concernées travailleront ensemble pour faire reprendre rapidement les pourparlers à six et promouvoir le processus de dénucléarisation de la Péninsule coréenne.
Q : Qui conduira la délégation chinoise à la réunion annuelle 2010 du Forum économique mondial de Davos ?
R : La réunion annuelle du Forum économique mondial (FEM) de Davos se tiendra en Suisse du 27 au 31 janvier et sera placée sous le thème « Improve the State of the World : Rethink, Redesign, Rebuild ». La Chine soutient depuis toujours le rôle actif et constructif du FEM dans la promotion de l’économie mondiale. Elle envoie chaque année une délégation de haut rang à la réunion annuelle. Il en sera de même pour cette année. L’information précise sera communiquée dès que possible.
Merci de votre présence et à la prochaine !











