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Conférence de presse du 3 décembre 2009
2009/12/03

Le 3 décembre 2009, le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Qin Gang a tenu une conférence de presse.

Qin Gang : Bonjour à tous. J’ai d’abord une nouvelle à vous annoncer.

Sur l’invitation du Conseiller d’Etat Dai Bingguo, le Secrétaire du Conseil de Sécurité de la Fédération de Russie Nikolaï Patrouchev viendra en Chine participer au 4e tour des consultations stratégiques et sécuritaires sino-russes les 7 et 8 décembre.

Maintenant, je suis prêt à répondre à vos questions.

Q : J’ai deux questions sur la visite en Chine du Premier Ministre canadien Harper. Premièrement, la Chine renouvellera-t-elle au Canada sa demande du rapatriement de Lai Changxing ? Deuxième question, le Canada déclare que Yushanjiang, suspect ouïgour condamné en 2007, est citoyen canadien et réclame toujours une visite consulaire. Est-ce que la Chine a accepté cette demande ?

R : Lai Changxing est le principal accusé du procès de contrebande de Yuanhua à Xiamen. Le gouvernement chinois n’a jamais changé sa position qui consiste à réclamer son rapatriement pour qu’il soit jugé en Chine. Nous demandons à la partie canadienne de le rapatrier au plus vite en Chine pour la clôture de ce procès.

Quant au procès de Yushanjiang, l’intéressé est Chinois et non Canadien. Il est membre du mouvement islamique du « Turkestan oriental », organisation terroriste classée sur la liste des sanctions établie par le Comité 1267 du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Le jugement de Yushanjiang relève totalement de la souveraineté de Chine.

Q : Avez-vous des nouvelles du cargo chinois détourné « Dexinhai » ?

R : Je n’ai pas de nouvelles informations à vous donner à ce sujet.

Q : Une autre question sur la visite du Premier Ministre canadien. Est-ce que les deux parties aborderont les questions économiques, commerciales et énergétiques ?

R : Le Premier Ministre Harper est en visite en Chine. A ma connaissance, il est maintenant reçu par le Président Hu Jintao. Et plus tard cet après-midi, il s’entretiendra avec le Premier Ministre Wen Jiabao. Les deux parties échangeront leurs points de vue sur la promotion des relations sino-canadiennes et les grandes questions internationales et régionales d’intérêt commun. Je suis sûr que la coopération économique et commerciale sera l’un des principaux sujets de discussion entre les dirigeants des deux pays.

La coopération économique et commerciale sino-canadienne repose sur des bases solides et s’avère très prometteuse. Les relations économiques et commerciales entre les deux pays ont de larges perspectives devant elles. Surtout dans le contexte actuel de crise financière internationale, les deux pays ont à travailler en commun pour réduire les impacts négatifs de cette crise sur leur commerce bilatéral et à prendre des mesures actives pour stabiliser leurs relations économiques et commerciales. Dans le même temps, les deux pays sont appelés à explorer ensemble, à travers les mécanismes et canaux existants, les moyens d’élargir leur coopération en matière de commerce, d’investissement et d’énergie. Nous sommes disposés à œuvrer en commun avec le Canada pour porter notre coopération économique, commerciale, énergétique et en matière d’infrastructure à un nouveau palier.

Q : Lors d’une récente interview qu’il nous a accordée, le porte-parole de la Maison blanche Ian Kelly nous a fait part, une fois encore, du souhait des Etats-Unis de renforcer leur coopération avec la Chine dans la lutte anti-terroriste en Afghanistan. Quelle sera la réaction de la Chine ? Est-ce qu’elle envisagera d’ouvrir sa frontière avec l’Afghanistan ?

R : Vous n’avez pas précisé les circonstances dans lesquelles cet officiel américain a accordé cette interview, mais je crois qu’il aurait parlé de la décision annoncée hier par le Président Obama sur l’envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan.

La Chine a pris note du discours du Président Obama. Nous souhaitons que l’Afghanistan puisse réaliser la paix, la stabilité, le développement et le progrès, et que les efforts de la communauté internationale puissent aider à atteindre cet objectif et à promouvoir la paix et la stabilité durables de la région. La Chine est d’avis que l’indépendance, la souveraineté et l’intégrité territoriale du pays concerné doivent être pleinement respectées.

La Chine et les Etats-Unis entretiennent des consultations et concertations sur les questions liées à l’Asie du Sud, y compris celle de l’Afghanistan. Et nous poursuivrons notre dialogue et notre coopération avec les Etats-Unis sur cette question.

Question du même journaliste : Est-ce que la Chine a donné son accord sur des projets d’assistance concrets ? Envisagera-t-elle d’ouvrir sa frontière avec l’Afghanistan ?

R : Je vous propose de relire la déclaration conjointe publiée par la Chine et les Etats-Unis à l’occasion de la récente visite en Chine du Président Obama. Dans cette déclaration, la Chine et les Etats-Unis ont tous affirmé leur soutien à la lutte anti-terroriste en Afghanistan et à la paix, à la stabilité et au développement en Asie du Sud. A cet égard, les deux parties ont un consensus, celui de renforcer les consultations et dialogue en la matière.

Q : Est-ce que la Chine voit d’un bon œil la décision annoncée par le Président Obama sur l’envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan ? La Chine pense-t-elle que cette mesure lui sera défavorable, étant donné surtout qu’elle risquerait d’entraîner l’entrée des Talibans au Xinjiang ? Concernant la question nucléaire iranienne, le Président iranien a fait savoir hier que son pays produirait de manière autonome de l’uranium enrichi à 20%. Comment la Chine y réagit-elle ? L’Iran a d’ailleurs exprimé son mécontentement vis-à-vis du soutien de la Chine à la nouvelle résolution de l’AIEA. Quel est votre commentaire à ce sujet ?

R : Vous trouverez la réponse à votre première question dans ma réponse à une question posée par un journaliste de South China Morning Post. Je vous propose donc de consulter les transcriptions des précédentes conférences de presse.

Quant à la question nucléaire iranienne, la Chine espère que l’Iran coopèrera avec l’AIEA pour faire progresser le dialogue et la concertation et trouver rapidement une solution appropriée à cette question.

La Chine et l’Iran entretiennent de bonnes relations. La position chinoise sur le dossier nucléaire iranien est constante et claire. Favorable au maintien du régime international de non-prolifération nucléaire, nous estimons qu’il faut également préserver la paix et la stabilité au Moyen-Orient. C’est pourquoi la Chine œuvre de manière déterminée à faire résoudre le problème nucléaire iranien par voie de dialogue, de consultations et de négociations. Voilà la position constante de la Chine. Nous continuerons à nous engager en faveur d’une solution diplomatique du problème nucléaire iranien.

Q : La Chine a récemment publié ses objectifs chiffrés en matière d’économie d’énergies et de réduction des émissions. Les médias indiens ont parlé d’une forte pression ressentie par la partie indienne après cette annonce faite par la Chine. Quels sont vos commentaires à cet égard ?

R : Je tiens avant tout à souligner que les objectifs d’action sur le contrôle des émissions de gaz à effet de serre annoncés il y a quelques jours par le gouvernement chinois ont été décidés de manière autonome par celui-ci, et traduisent la haute importance qu’accorde le gouvernement chinois au problème du changement climatique et sa volonté politique de relever activement ce défi. Deuxièmement, la Chine et l’Inde, toutes les deux pays en développement et victimes du changement climatique, n’ont pas l’obligation d’assurer des objectifs contraignants de réduction des émissions. La Chine et l’Inde partagent les mêmes opinions et préoccupations et ont les mêmes revendications sur la question du changement climatique. Elles demandent aux pays développés d’honorer leurs engagements, de se conformer aux principes de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques et du Protocole de Kyoto, de s’en tenir au principe des « responsabilités communes mais différenciées », de réduire en premier et de manière massive leurs émissions, et de soutenir en même temps les pays en développement dans les domaines du financement, du transfert technologique et du renforcement des capacités. Nous comprenons la situation dans laquelle se trouve l’Inde dans la lutte contre le changement climatique. Nous soutiendrons les efforts indiens d’adaptation et de réduction appropriée des émissions décidés en fonction des conditions réelles et de la capacité du pays. La Chine est aussi prête à renforcer le dialogue, la concertation et la coopération avec l’Inde sur la question du changement climatique.

Q : Avez-vous des commentaires sur le décès de l’ancien président de l’Association d’amitié Japon-Chine M. Ikuo Hirayama le 2 décembre ?

R : M. Ikuo Hirayama était ami de longue date du peuple chinois. Il a œuvré pendant de longues années à l’amitié sino-japonaise, et apporté une contribution importante au développement des échanges amicaux et à la coopération entre les deux pays. Nous déplorons profondément le décès de M. Hirayama et présentons nos condoléances.

Q : Selon certains reportages, des pays en développement, la Chine, l’Inde, l’Afrique du Sud et le Brésil, ont exprimé leur vive opposition au projet du document final de la conférence de Copenhague proposé par le gouvernement danois. A quoi la Chine s’oppose-t-elle plus précisément ? Pour quelles raisons ? Est-ce que la Chine a confiance en la possibilité d’un consensus à la conférence de Copenhague ?

R : Les pays en développement que vous avez évoqués, la Chine, l’Inde, l’Afrique du Sud et le Brésil, font face à la même situation, et ont la même position et les mêmes revendications sur le changement climatique. En fin de compte, ce qu’ils demandent est très simple. C’est que les pays développés et les pays en développement assument leurs responsabilités respectives, et surtout, les pays développés doivent honorer leurs engagements, assumer les objectifs contraignants de réduction des émissions à moyen terme et fournir des soutiens aux pays en développement dans les domaines du financement, du transfert technologique et du renforcement des capacités, et ce par l’établissement et le perfectionnement des mécanismes concernés. Les pays en développement, avec le soutien financier et technologique des pays développés, prendront des actions d’adaptation et d’atténuation dans le cadre du développement durable et en fonction de leurs réalités nationales. Les nombreux pays en développement ont des revendications fortes et convergentes sur cette question. Ils demandent aux pays développés d’honorer effectivement leurs engagements par des actions concrètes. Le succès de la conférence de Copenhague dépend de la volonté des participants de s’en tenir à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques et au Protocole de Kyoto, au principe des « responsabilités communes mais différenciées » et à la « Feuille de route de Bali » pour assurer une mise en œuvre intégrale, efficace et durable de la Convention. Vous me demandez si j’ai confiance. Je peux vous dire que tant qu’on arrive à faire tout cela, nous pourrons réaliser des avancées à la conférence de Copenhague. Par contre, si on s’écarte des principes mentionnés plus haut, et que les engagements tardent à se concrétiser, nous n’aurons aucune raison d’être optimistes pour la conférence de Copenhague. C’est pourquoi nous espérons que toutes les parties concernées, notamment les pays développés, feront le maximum d’efforts pour faire aboutir la conférence de Copenhague à des résultats positifs.

Q : Si la Chine est pour le maintien du dialogue et des négociations avec l’Iran, pourquoi a-t-elle voté pour la résolution de l’AIEA ? N’est-ce pas contradictoire ?

R : Loin d’être contradictoire, cela correspond tout à fait à notre position. Si vous lisez attentivement la position chinoise que je viens d’exposer, vous comprendrez que notre décision était justement prise en fonction de nos principes et position constants.

S’il n’y a plus de questions, je lève la séance d’aujourd’hui. Merci de votre présence. Au revoir !

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